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Clermont-Ferrand : le préfet reçoit le père du délinquant qui accuse la police d’avoir tué son fils

… tandis que la foule scande dans la rue : « Police assassins » ou « Prison pour les meurtriers de Wissam ». Dans le même temps ce préfet interdit la manifestation pacifique du Bloc identitaire en soutien et en solidarité avec les forces de l’ordre et les pompiers.

Source : AFP

Plus de 2.000 manifestants ont défilé samedi après-midi à Clermont-Ferrand, pour réclamer « justice«  et « vérité » dans l’affaire Wissam El-Yamni, dont la mort suite à son interpellation a suscité plusieurs nuits de tension cette semaine et une forte colère contre la police. Les plus virulents des manifestants sont allés jusqu’à scander « Police assassins » devant la préfecture, sur laquelle a été accrochée une banderole proclamant: « Pas de justice, pas de paix ». D’autres banderoles dans le défilé mettaient en cause les deux policiers ayant procédé à l’interpellation controversée: « Pour Wissam, la justice doit punir ses assassins » ou « Prison pour les meurtriers de Wissam ».
« Mon fils a été assassiné par la police, je veux la justice », a déclaré entre deux sanglots le père de Wissam El-Yamni devant la foule avant de rentrer dans le bâtiment pour y être reçu par le préfet, François Lamy.
Jean-Louis Borie, avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a dénoncé devant les manifestants « les contrôles au faciès » dans les quartiers populaires comme La Gauthière, d’où venait ce chauffeur routier de 30 ans. Des voitures y ont été brûlées pendant plusieurs nuits cette semaine.
« Respect de la dignité. Vérité et justice pour Wissam », pouvait-on lire plus sobrement sur la banderole de tête. Les manifestants étaient plus de 2.000, selon l’AFP, au plus fort de la manifestation, en grande partie dispersée en fin d’après-midi. La préfecture ne disposait pas d’évaluation dans un premier temps.
Dans le cortège de cette manifestation organisée à l’appel notamment de la Ligue des droits de l’Homme ou du parti d’extrême gauche NPA, défilaient de nombreux jeunes issus de l’immigration mais aussi des élus locaux, Verts, NPA ou socialistes, comme l’adjoint au mairie en charge de la Jeunesse, Simon Pourret.
La famille a été reçue vendredi par la juge d’instruction chargée du dossier, mais les résultats de l’autopsie n’étaient pas encore connus. Une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte.
Wissam El-Yamni était sous l’emprise de l’alcool, de la cocaïne et du cannabis lors de son interpellation musclée dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.
Une autre manifestation qui devait être organisée parallèlement devant la préfecture par le Bloc identitaire (extrême droite) a été interdite, la préfecture évoquant un « risque de trouble à l’ordre public ».
Le Bloc identitaire entendait dénoncer le fait que « les forces de police soient une fois de plus accusées voire condamnées avant toute conclusion d’enquête ».

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