Mayotte est elle Française ?

Ce 31 mars 2011, l’île de Mayotte est devenue département français. Pour Arnaud Gouillon, candidat identitaire à la présidentielle de 2012, cela ne fait pas pourtant 200 000 Français de plus. Le débat qu’il ouvre est essentiel : qu’est-ce qu’être français ? Pour Arnaud Gouillon, il faut très sérieusement envisager maintenant de dissocier la citoyenneté de la nationalité. Une réforme qui nécessiterait la plus importante révision constitutionnelle que la France ait connue depuis 1958. Et même, étant donné les principes qu’elle remet en cause, depuis plus de deux siècles.

Française au sens où l’entendent l’UMP ou le PS : oui, c’est incontestable. L’île de Mayotte est régie par les lois de la République française, et aujourd’hui l’article 73 de la Constitution française assimile (législativement parlant) cette collectivité d’outre-mer en la transformant en département français. Est-ce que, selon la conception républicaine de la nationalité, les habitants de Mayotte (les Mahorais) sont eux aussi des Français à part entière ? Pour certains, la question ne saurait se poser, les papiers faisant foi d’identité. Pour d’autres en revanche, on veut que des preuves d’amour soient données à la République !

Le résultat du référendum sur le rattachement de Mayotte à la France fut sans appel, totalisant 95,2 % de oui. Le soir des résultats, ce sont des milliers de personnes qui se sont rassemblées avec des drapeaux français afin de fêter le futur rattachement de leur île de l’océan Indien à la République française. La Marseillaise ? Ils la connaissaient. Le drapeau bleu-blanc-rouge ? Ils ne le brûlaient pas, au contraire, ils l’arboraient. On trouvait plus d’amour de la France sur cette terre lointaine qui n’était pas encore française que dans nombre de nos quartiers de métropole. Pour nos politiciens de tout poil il n’y a donc aucun doute : Mayotte et les Mahorais sont français.

Pour nous Identitaires, l’identité ne dépend ni des papiers ni du respect des principes et symboles républicains, autoproclamés « universels » à Paris voici plus de deux siècles. L’identité est charnelle, incarnée et vécue. Notre identité est culturelle, spirituelle et ethnique. Le peuple mahorais est de confession musulmane sunnite, de culture comorienne, et d’ascendance ethnique est-africaine. Une grande partie des Mahorais est polygame avec un indice de fécondité de 4.5 enfants par femme. 35 % des hommes et 40 % des femmes sont illettrés en français alors que ce même pourcentage est inférieur en arabe ! En effet, depuis leur plus jeune âge, les Mahorais vont à l’école de la République et à l’école coranique. Il semblerait que la seconde obtienne de meilleurs résultats que la première. Peut-on être comorien, musulman, polygame et… français ? Alors que toute la classe politique ainsi que les grands partis du système répondent oui à cette question, le Bloc identitaire dit non !

 

Que Mayotte soit un Lampedusa à la puissance 10 comme l’a rappelé l’historien Bernard Lugan n’est pas la seule raison de ce point de vue. Quand bien même aucun clandestin ne tenterait de venir accoucher à Mayotte afin d’obtenir la nationalité française ; quand bien même aucun Mahorais ne quitterait sa terre pour venir sur la nôtre ; quand bien même le RSA français ne serait pas versé à Mayotte, je répondrais : les Mahorais ne sont pas français ! Notre réponse n’est pas celle d’un banquier calculant la rentabilité de cette départementalisation comme d’autres calculent la rentabilité de l’immigration. Rentable ou pas, la départementalisation de Mayotte (tout comme l’immigration cela va de soi), c’est non ! Notre réponse est celle de porte-parole du peuple français autochtone qui refuse de se faire voler son nom et de disparaître dans le silence, pas celle de politiciens comptables ! Si un Mahorais est français, qui suis-je, moi, enfant du Dauphiné ayant grandi sous l’air alpin de nos montagnes françaises ?

Car c’est en France « métropolitaine » que l’avenir de notre peuple se joue, Mayotte n’étant que le symbole supplémentaire du détournement de notre nom, c’est-à-dire de nos spécificités, de notre identité, subtil mélange d’identités régionales et européennes réunies par une histoire française commune. Si l’on admet que les Mahorais sont français comme les Auvergnats (voire davantage diront certains, « puisqu’ils l’ont, eux, choisie cette citoyenneté »), alors cela ôte tout sens au mot « français ». Si tout le monde peut être français, plus personne ne l’est vraiment.

En revanche si l’on affirme qu’un peuple extra-européen (qui ne parle qu’un français approximatif, et qui, cerise sur la gâteau, est musulman) ne peut en aucun cas être « français », alors nous devons également revoir notre conception de la nationalité en France « métropolitaine ». Car les « Français » portant ces caractéristiques identitaires éloignées des nôtres sont entre 8 et 12 millions en France et les statisticiens prévoient qu’ils seront majoritaires en 2050 (date qui peut paraître lointaine mais que ma génération connaîtra puisqu’en 2050 j’aurai l’âge de M. Alain Juppé et que mon neveu aura celui de Mme Marine Le Pen). Je me sens pleinement concerné par cette transformation identitaire que connaît la France et je ne peux me résoudre à défendre les « Français » tel qu’ils sont définis par tous les partis politiques (sans exception) au détriment de mon peuple (Français de souche européenne, autochtones).

Si nous voulons que la France soit toujours peuplée de Français au sens identitaire du terme au XXIe siècle, nous ne pouvons rester prisonniers des conceptions républicaines dépassées que l’on nous impose.

Mayotte est elle Française ? dans Actualites Image-13Le Bloc identitaire propose des solutions à ces problèmes que personne n’ose soulever ! Il est tout d’abord nécessaire de séparer la citoyenneté de la nationalité, la citoyenneté relevant de l’appartenance administrative et la nationalité de l’appartenance identitaire. Selon cette définition on peut donc très bien être citoyen français, c’est-à-dire un citoyen régi par la République française, sans être pour autant de nationalité française. Les Mahorais pourraient ainsi être citoyens français, de nationalité mahoraise. Ils resteraient donc Mahorais à part entière et n’appartiendraient pas au peuple français. De la même manière, je serais un citoyen français de nationalité française. Appartenant pleinement au peuple français, je ne pourrais en revanche me revendiquer Mahorais, Martiniquais ou Réunionnais.

Ma nationalité française signifie également que je participe aux décisions importantes concernant l’avenir de mon peuple, et que mon installation sur la terre de France est acquise et définitive. Ce ne serait bien sûr pas le cas si je vivais à Mayotte ou en Guadeloupe. La nationalité que nous proposons est juste et réciproque. En Guadeloupe par exemple, il serait juste qu’un citoyen français de nationalité guadeloupéenne ait plus de droits qu’un citoyen de nationalité française. Mais l’inverse doit être également vrai.

De même, les citoyens français de nationalités algérienne, ivoirienne, etc. n’auront pas les mêmes droits que les autochtones de nationalité française et ne pourront être identifiés comme français. Contrairement à l’individu possédant la nationalité française, son installation sur notre terre ne serait pas acquise de manière définitive.

La redéfinition de la citoyenneté et de la nationalité est la première étape indispensable pour que le peuple français autochtone retrouve un nom, une existence et une légitimité. Le combat politique des Identitaires s’inscrit dans celui de la lutte de libération d’un peuple qui souhaite retrouver ses particularités, sa fierté, son pouvoir de décision et son autonomie. Ce que nous souhaitons pour notre peuple, nous sommes prêts à le donner aux autres peuples qui vivent encore sous la coupe de l’empire français. La réciprocité est le meilleur gage de paix et de respect de l’Autre.

Arnaud Gouillon
Candidat identitaire à l’élection présidentielle de 2012

 

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